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Antoine le Vertueux
suivi de Le Vertueux a tous les vices
Yvan Audouard
spéciales n°4
Si lexpression
polar marseillais avait un sens, cest pour ces romans
dYvan Audouard, parus dans les années 60, quil aurait
fallu linventer. Emplis de la faconde et de la gouaille que lon
connaît à Yvan Audouard - tant pour ses ouvrages vantant
lâme provençale que dans son travail de journaliste
au Canard Enchaîné - ces romans mettant en scène le
personnage dAntoine le Vertueux sont des petits bijous de saveur
et de rythme. On ne présente plus Yvan Audouard. LArlésien,
à quatre-vingts ans passés, mais toujours bon pied bon oeil
et lesprit vif, a derrière lui une longue carrière
au service des mots. Conteur dhistoires hors-pair, il sest
bien amusé dans ces polars, à mettre en scène
un univers touchant et réaliste à la fois.
Malfrat vertueux, pour qui la morale et lhonneur transcendent les
lignes du Code, Antoine, truand modèle en quelque sorte, a fait
son apparition sous la plume dAudouard en 1964. Ce sont les deux
premières aventures de cette canaille respectable que Lécailler
du sud vous propose de retrouver ici, presque quarante ans plus tard.
Plaisir, faconde et décor méridional nont guère
changé depuis, et ceux qui aiment les étiquettes pourront
considérer quAudouard signait là les premiers polars
marseillais, bien avant lémergence de Jean-Claude Izzo.
Il composait en tous les cas avec les aventures de ce vertueux Antoine
des récréations policières qui nont pas pris
une ride.
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Résumé
Deux
polars savoureux à la langue riche et dont lhumour sous-jacent
ne quitte jamais le lecteur. En voici louverture, la présentation
du Vertueux par son auteur:
Non, je ne regrette rien. Mais je suis bien content que ce soit
fini. J'ai cinquante ans. Je m'appelle Antoine. Je suis patron pêcheur
aux Martigues (Bouches-du-Rhône). Deux chalutiers qui font la langouste
dans les eaux de la Mauritanie. Trois cents briques à mon compte
en banque et le Parti Socialiste à mes trousses pour que je devienne
au moins conseiller municipal. Comment je les ai fait venir, ces trois
cents briques, cela ne vous regarde pas. Moins vous en saurez sur mon
compte, mieux cela vaudra pour tout le monde. En tout cas, depuis trois
ans, je suis parfaitement honorable. Mon tiers provisionnel payé
d'avance. Mon fils Dominique à Polytechnique. Ma fille Denise mariée
à un armateur grec un peu pédéraste mais presque
milliardaire. Et une femme, la meilleure cuisinière des Bouches-du-Rhône,
un département où il y a pourtant de la concurrence plus
que partout ailleurs. Mélanie, elle s'appelle. Je me porte bien.
Je suis heureux. L'honorabilité, cela doit être lassant à
la longue. Mais moi je débute et j'arrive pas à m'en fatiguer.
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