Malocchio
Bruno Leydet
n°18

A 41 ans, Bruno Leydet a plus d’une vie dans sa besace. Mais aujourd’hui c’est à l’écriture qu’il se consacre avant tout. Auteur de plusieurs romans et co-auteur d’un conte futuriste de philosophie urbaine (“Cité parfaite”, avec Eric Hossan) il est avant tout un homme qui témoigne - à sa manière - des dérèglements d’une époque. Si Marseille, la ville de son enfance et de sa vie, sert si facilement de “support” à sa réflexion, c’est que la cité phocéenne est riche de matière première humaine et de débordements en tous genres. Ici, c’est dans le Marseille des années 20 que Bruno Leydet est allé chercher ces injustices sociales et humaines qui font la brutalité de nos vies et la beauté des héros. Beniamino, son personnage, est un immigré italien, ce qui signifie dans ces années-là la lie de la terre, ce qui signifie qu’il est en butte au mépris constant de ses contemporains, ce qui signifie qu’il n’est rien aux yeux des autres. Héros, sans le faire exprès, Beniamino le deviendra pourtant au fil des pages de cet ouvrage.


Avec ce roman et celui de Georges Foveau Le cratère d’Artemis L’écailler propose en ce début d’été deux romans policiers marseillais par leur situation géographique, mais universels par les thèmes qu’ils développent: injustice sociale et humaine, sentiment de supériorité des uns et nécessaire héroïsme des autres, malversations des pouvoirs, et en prime un zeste de fantastique, étonnament maîtrisé, dans le livre de Georges Foveau. Le tout à travers des enquêtes policières, qui sont le vecteur privilégié de deux auteurs qui n’ont pas la plume dans la poche.


Résumé

"Pour une fois, la traverse du Bon Secours était calme: aucun galopin n'y chahutait, aucun corps à corps de couple, amoureux ou sur les nerfs, ne s'y écoutait, aucun père ivrogne ne cognait sur ses gosses. Beniamino Cappelletti pouvait, enfin, se reposer dans son meublé décrépit, allongé sur sa couche inconfortable, que son propriétaire osait appeler un lit [...] Ainsi, entre les lueurs blanchâtres de la fatigue, il recevait, à demi conscient, des cartes postales de souvenirs; toutes en provenance de sa Toscane natale. Et ce n'était pas forcément, à chaque fois, agréable".
Auteur de plusieurs romans avant celui-ci, Bruno Leydet signe avec Malocchio un polar sombre dans la Marseille des années 20, à l’époque où être un immigrant italien n’était pas une sinécure. Entre crimes, affaires immobilières et quête du respect, le héros de ce livre, architecte dont on a bafoué l’honneur et la dignité, est un personnage extrêmement attachant, mais cela ne le rend pas mièvre pour autant.


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N° ISBN (Libraires) : 2-914264-22-4

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